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Histoires à succès 50e anniversaire de SIC (Semaine 4): Jacquie Lavallée
Dans le cadre des célébrations de son 50e anniversaire, Sport interuniversitaire canadien présente la série Histoires à succès 50e anniversaire de SIC. À chaque jeudi pendant la saison 2011-2012, nous dévoilerons les profils de deux diplômés d’institutions de SIC qui ont contribué de façon exceptionnelle dans des domaines comme le sport, les affaires, la politique ou dans leur communauté.
De la gloire sur les surfaces sportives… au triomphe de voir d’autres réussir en classe
Jacquie Lavallée, ancienne Étoilée canadienne SIC dans deux sports, se dévoue aujourd’hui auprès de la jeunesse de la Saskatchewan
Par Bob Florence
SASKATOON - Brian, un père de famille de trois enfants, a terminé sa 12ième année en juin dernier.
Il a mis plus de temps à terminer son secondaire que les quatre années habituelles, ayant eu à s’occuper de ses enfants, à prendre soin de ses soeurs et à poursuivre un boulot. En mettant la famille au premier plan, il devait parfois mettre l’école en veilleuse mais il perdurait dans ses efforts pour obtenir son certificat.
Jacquie Lavallée a enseigné les maths et l’éducation physique à Brian. Elle l’a soutenu dans ses efforts.
« Je ressens une grande émotion en regardant évoluer ces étudiants et en sachant tout ce qu’ils ont eu à sacrifier pour arriver à leurs fins », explique-t-elle. « Ils ont une énorme satisfaction, un sentiment d’avoir réellement accompli quelque chose. »
Il a terminé son secondaire en juin. Elle l’a applaudi.
Leur école est en plein centre de Saskatoon, dans le quartier Broadway, sur une rue commercial qui date d’un siècle mais qui a toute l’allure d’un centre nerveux. C’est sur Broadway que vous trouverez une fromagerie artisanale, une pâtisserie maison, un théâtre rénové, une boutique de course à pied et plus encore.
L’école sur Broadway a pour nom Oskayak. C’est une école secondaire pour les étudiants autochtones. Pour Jacquie, c’est son chez-soi.
Certains la voyaient prof à Holy Cross, l’école secondaire où elle-même avait étudié à Saskatoon dans les années ’90. Lavallée, qui est métisse, a choisi Oskayak.
« L’idée m’est venue la toute première fois où j’ai mis le pied dans l’école (après l’université) », raconte-t-elle. J’y étais allée pour participer à un pow wow qui s’y tenait. « Je veux enseigner ici », a-t-elle annoncé. « Ma place est ici. »
Et maintenant ?
« Pour moi, ce n’est pas un emploi », dit-elle.
À titre d’éducatrice, elle est au premier plan… comme elle était une athlète de premier plan à l’Université de la Saskatchewan.
Lavallée a évolué comme joueuse de soccer et de basketball avec les Huskies de la Saskatchewan. Les soirs d’automne, elle allait d’un entraînement à l’autre, du terrain de soccer au court de basketball. Elle a fait ça pendant cinq saisons.
Elle fut choisie Étoilée canadienne dans les deux sports, sélectionnée par des entraîneurs universitaires à titre d’une des meilleures joueuses de milieu de terrain au Canada au soccer et parmi les meilleures gardes au basketball. Elle est au huitième rang des compteuses au basketball des Huskies et au quatrième rang des compteuses des Huskies au soccer. Reconnue au soccer pour son coup de pied explosif au soccer, on se souvient de son jeu éclair « flash and dash » au basketball.
Lavallée a disputé deux matchs hors-concours au sein de l’Équipe canadienne de soccer. Elle est allée encore plus loin au basketball. Elle fut capitaine de l’Équipe canadienne de basketball qui a défait les États-Unis en 2001 aux Jeux de la FISU à Beijing. Elle a également joué au niveau professionnel en Allemagne.
Et la voilà qui perdure.
Elle fut entraîneur-chef de l’Équipe canadienne féminine de basketball lors du championnat 2010 pour les femmes de 17 ans et moins. Elle est entraîneure adjointe des Huskies depuis des années. Grâce à la complicité qu’elle partage avec Ali Fairbrother, une autre adjointe, et l’entraîneur-chef Lisa Thomaidis, le basketball de la Saskatchewan est devenu l’un des programmes les plus compétitifs au Canada. La saison dernière, les Huskies se sont rendues à la finale canadienne, à Windsor, où elles ont terminé au deuxième rang. C’est le meilleur résultat à vie pour une équipe des Huskies depuis leur tout début en 1917.
Lavallée a également lancé « Team Spirit » (Esprit d’équipe), un programme de basketball pour adolescents aborigènes.
« De les voir réussir leur premier panier – lorsqu’elles vous regardent avec un sourire rayonnant en repassant devant le banc – voilà la récompense ultime », explique-t-elle.
Inspirée lors d’un atelier présenté à Moose Jaw par l’Abbé Joe Pereira, un prêtre catholique des Indes, qui parcourt le monde pour parler du Yoga, elle présente « Yoga for Youth » dans les écoles de Saskatoon.
« Ça s’adresse à ceux qui ont dû passer par le système judiciaire, par la toxicomanie, les foyers d’accueil ; ça leur donne accès à un monde qu’ils n’ont pas connu », dit-elle.
« Je pense, entre autres, à une fille qui m’a accompagnée au yoga une fois par semaine pendant un an. Ça lui a pris tout ce temps-là pour développer suffisamment confiance en elle-même pour y aller seule. De constater ces progrès, ces réalisations, de les voir réussir quelque chose par elles-mêmes…………. »
C’est tout ça que ça veut dire. Cela n’a pas de prix.
Lavallée a démontré ses couleurs comme athlète. Aujourd’hui, une décennie plus tard, elle démontre son caractère, de quoi elle est faite.
« Ce que j’ai », dit-elle, « c’est une grande reconnaissance envers tous ceux qui m’ont touchée d’une façon ou d’une autre. Ils m’ont donné du support, un but dans la vie. »
« Je reconnais ce que la vie m’a donné.
»
« Je veux que d’autres aient cette même chance.
»



















