![]() |
Histoires à succès 50e anniversaire de SIC (Semaine 5): Tracy MacLeod
Dans le cadre des célébrations de son 50e anniversaire, Sport interuniversitaire canadien présente la série Histoires à succès 50e anniversaire de SIC. À chaque jeudi pendant la saison 2011-2012, nous dévoilerons les profils de deux diplômés d’institutions de SIC qui ont contribué de façon exceptionnelle dans des domaines comme le sport, les affaires, la politique ou dans leur communauté.
MacLeod : Une inspiration qui encourage à son tour une nouvelle génération
Une recrue au basketball a transformé une blessure foudroyante en source d’inspiration pour tous les étudiants-athlètes de SIC et se consacre aujourd’hui à une nouvelle génération d’étudiants
BRANDON - Lorsque Tracy MacLeod est arrivée à Brandon, à l’automne 1992, elle était une jeune athlète de 20 ans, pleine d’énergie et prête à amorcer sa première saison de basketball universitaire.
Aujourd’hui, 19 ans plus tard, certaines choses ont changé alors que d’autres sont restées les mêmes. Ce qui n’a pas changé, c’est son amour du basketball, sa passion pour la vie, et sa quasiment sacro-sainte attitude positive.
Ce qui est différent : son nom de famille (maintenant Johnson), elle est maman de quatre enfants et elle enseigne en 9ième année à l’école Canora Composite, dans l’est de la Saskatchewan. Ce qui est différent, aussi, c’est qu’un prix national porte son nom, à titre d’inspiration pour tous les jeunes sportifs, un phénomène que la Tracy de 20 ans n’aurait jamais imaginé mais, là encore, personne aurait pu prévoir la série d’événements qui l’ont amenée là où elle se retrouve aujourd’hui.
Elle n’en était qu’à son deuxième match de la saison 1992-1993 lorsqu’un accident, survenu en une fraction de seconde, a complètement chambardé pour toujours la vie de l’athlète d’Abbotsford, C.B. Alors qu’elle tentait un tir en foulée, elle est mal retombée, se fracturant à la fois le tibia et le fibula de sa jambe droite. La sévérité de la blessure n’a échappé à personne qui se trouvait dans le gymnase ce soir-là alors que ses coéquipières, les officiels, et partisans ont détourné la tête et bouché leurs oreilles pour ne pas entendre le son horrifiant.
« Je m’en souviens comme si c’était arrivé hier », se rappelle Steve Dzubinski, le physiothérapeute en chef de l’Université Brandon. « J’étais assis à l’autre extrémité du gymnase et, avant même qu’elle ne retombe au sol, on m’avait déjà fait signe d’avancer. Je ne l’oublierai jamais parce que c’était tellement évident que c’était grave. »
MacLeod fut dépêchée à l’Hôpital Général de Brandon où un plâtre lui fut immédiatement installé. Mais, au cours des jours suivants, des problèmes de circulation sanguine se sont manifestés et ont déclenché une série d’événements catastrophiques. MacLeod a subi neuf chirurgies au cours des mois suivants, recevant – à un certain moment - 4800 cc de sang et 135 agrafes pour retenir ses multiples incisions.
« Ils n’étaient pas certains s’ils devraient procéder ou non à l’amputation mais j’étais consciente de cette possibilité », explique MacLeod. « On m’a prévenue que ma jambe ne serait plus jamais aussi serviable qu’une prothèse et que j’aurais à subir des chirurgies pour le reste de mes jours. Je savais qu’il me fallait penser à mon avenir ».
Alors que ses amis et compagnons d’université se demandaient ce qu’ils feraient pendant leurs vacances d’été, MacLeod - elle – se demandait si oui ou non elle allait se faire amputer la jambe.
« Je savais qu’une prothèse me donnerait des
options », se souvient MacLeod. « Est-ce que je
prendrais la même décision aujourd’hui ?
Sans aucun doute. Je ne regrette pas mon choix ; je suis
juste reconnaissante que j’étais en mesure de
décider par moi-même ».
Aussi pénible que ce fut, pour une jeune athlète universitaire, de prendre une telle décision, autant les défis à relever ne faisaient que commencer. Ayant connu la satisfaction d’avoir été Joueuse par excellence (MVP) et étoile multisports aux niveaux secondaire et collégial, tourner le dos au sport n’était pas une option.
« Lorsque j’ai reçu l’appel de Shawnee Harle (à cette époque entraîneure des Bobcats), j’avais à peine recommencé à marcher, encore moins à courir. Le camp d’entraînement commençait dans une semaine mais j’y serais », raconte MacLeod.
Le processus d’apprendre à performer avec une prothèse était une courbe d’apprentissage de taille mais, dès que MacLeod fut de retour à Brandon pour réintégrer son équipe, la seule vie qu’elle connaissait l’a prise en charge. Trois mois après son amputation, MacLeod participait à sa première séance complète d’entraînement.
« J’avais besoin de compter mon premier panier. Une fois ce défi relevé, je savais que tout irait bien », d’expliquer MacLeod. « Hey, on parle de basketball. C’est ma zone de sécurité, de confort. C’est ma soupape, ma passion. Je savais que tout rentrerait dans l’ordre si seulement je pouvais jouer de nouveau au basketball. »
De dire que tout est “rentré dans l’ordre” c’est très peu dire. Elle a terminé une brillante carrière avec les Bobcats, y compris une performance de 20 points/10 rebonds contre l’Université de Regina à sa première saison de retour. Elle a également obtenu deux diplômes de l’Université Brandon. Et l’une de ses plus belles réussites, c’est d’avoir un prix national portant son nom, le « Tracy MacLeod Inspirational Award », un prix accordé chaque année par SIC.
« Je trouve ça merveilleux de penser qu’un prix existe en mon honneur », de dire MacLeod. « Cela me touche beaucoup. J’essaie très fort d’être un exemple pour les autres. Il y a des épreuves qu’il est possible de surmonter. L’important c’est de croire en nous-mêmes. Les larmes et les insécurités refont parfois surface mais je ne changerais rien à ma vie ».



















